mardi 2 décembre 2008

Nous vivons aujourd’hui dans un pays magnifique...

Ce qui s’est passé le 17 novembre commence à peine à se faire entendre, mais cela m’avait déjà scandalisé quand j’en avais entendu parler lors de l’émission Là bas si j’y suis (dernier espace de vérité dans le paysage médiatique ce me semble) du 18 novembre : le comportement inadmissible de flics dans un établissement scolaire. On en parle aujourd’hui, mais combien d’établissements ont été visités par ces gens qui loin de se présenter en défenseur du citoyens ne sont que des brutes protégées derrière le bouclier froid de la loi.

Opération antidrogue
En lire plus dans le libé, le nouvel Obs, La Dépèche ou encore Rue89. Et puis une vidéo.

Mais que dire quand toute une frange de la population bêlante tondue et contente se prononce pour cette ordre qu’on nous impose ? Et je ne parle pas là des autres, j’en ai une bonne proportion dans ma propre famille, de ces gens qui ne se rendront compte de ce qui se passe que le jour ou le gendarme s’en prendra a eux ou à leur famille, et ou il ne trouveront plus personne pour les défendre. Alors à quand les tasers dans les garderies pour corriger dès le plus jeune age les comportements à risques ?

Nous savions ce qui se passerait si l’autre fumier était élu. On nous disait que l’on exagérait, on nous disait qu’on allait trop loin dans les comparaisons peu flatteuses avec un autre despote de petite taille, mais aujourd’hui, je trouve qu’il devient difficile de ne pas gagner de point Godwin en parlant de chacun des actes de notre gouvernement.

Education

LaicitéFaire venir les flics stupides dans les établissements d’éducation n’est pas la seule ineptie du gouvernement, puisqu’ils veulent par ailleurs privatiser l’éducation (n’écarquillez pas les yeux comme ça, c’est véridique) et qu’ils proclament des choses anti républicaines comme « Dans la transmission des valeurs et de l'apprentissage entre le bien et le mal, jamais l'instituteur ne pourra remplacer le curé ou le pasteur. »

On a entendu des gens furieux que les profs se mettent en grève, mais savent ils bien ces gens là que ce coup ci les profs ne manifestent pas pour eux, des profs il en faudra toujours un minimum (du moins je l’espère,) mais pour défendre le droit à l’éducation gratuite pour tous ?

Santé

MEDIVERIFJe n’épiloguerais pas sur la décision bien rétrograde consistant à refuser de légaliser l’euthanasie, avec un gouvernement con-servateur comme le notre, on ne pouvait rien espérer d’autre. Mais il faut remarquer par ailleurs que l’on privatise aussi la santé. La santé doit devenir rentable, ce qui est une ineptie. Veut-on un système de santé à l’américaine où si tu n’as pas de fric tu es bon pour crever dans des conditions déplorables ? Notre système de couverture santé est exemplaire et doit le rester, mais pour cela, il faut y mettre le prix sans attendre de rentabilité. Une chose que la haute finance n’est sans doute pas en mesure de comprendre. Et que dire de confier les décisions médicales des hôpitaux psychiatriques aux préfets ? Quelle légitimité un politicien a t’il pour juger ce genre de choses ? De combien de siècles en arrières devons nous reculer ?

Code du travail

Du travail le dimanche « volontaire » au travail jusqu’à 70 ans, en passant par la culpabilisation systématique des travailleurs soupçonnés d’absentéisme en cas de souci médical (Bonjour, c’est pour un contrôle médical), le MEDEF n’aura sans doute jamais eu autant de raison d’être satisfait en si peu de temps. Et puis les grèves vous avez remarqué comment on tente de dénigrer, de grignoter et d’amputer le droit de grève ? N’est ce pas un bel indicateur ? Notre Omni cède à tous les lobbys, et ne recule devant rien pour aider les grands patrons. Loué soit l’omni. Et vue le peu de réactivité des dinosaures de gauches, on en est réduit à compter sur les conservateur de l’UMP qui ont encore pour certain le respect pour les valeurs républicaines pour faire obstacle à leurs confrères libéraux.

La destruction des entreprises est partout, le plan de renflouement des banques ne les a en rien incité à permettre des crédits qui font aujourd’hui défaut a de très nombreuses entreprises de petite tailles qui sont soit menacée soit en faillite. La fonction publique n’est pas mieux de son côté, puisque les réformes qui passent les unes après les autres rognent la sécurité de l’emploi qui y était assujetti et qui justifiait le salaire réduit qui allait avec. Mais si la sécurité de l’emploi n’est plus garantie, les salaires, eux, n’ont pas bougé.

Recherche

Nouveau logo CNRS ... Pour le coup, c’est un point qui passe totalement inaperçu. Personne n’en parle dans la presse, personne ne semble s’en soucier, et pourtant, malgré les belles paroles de l’omni qui affirme donner la priorité (sic) à la recherche, c’est de la moitié de la recherche française que notre gouvernement tente de se débarrasser. La moitié. Quand à l’autre, elle devra filer doux, et faire le beau devant les directives gouvernementales ou mourir.

La faute à qui ? À une publicité mensongère et répétée affirmant que :
  • La recherche française n’est pas rentable, ce qui n’est pas vérifiable directement car la recherche fondamentale provoque de nombreuses retombées de manière indirecte, mais pour le savoir, il faut avoir une culture qui fait défaut à l’omni.
  • La recherche française ne publie pas assez, notamment dans des revues prestigieuses, ce qui est vrais, mais qu’il faut nuancer car la recherche militaire, part importante de la recherche française n’a pas vocation à être publiée d’une part, et que d’autre part les revues prestigieuses en question sont américaines et ont l’habitude de citer en majorité les avalanches de productions américaines et anglo-saxonne au détriment de toute autres.
  • La recherche française est une « usine à gaz » qui produit peu en comparaison de ce qu’on lui donne, ce qui est faux, car vu le peu qu’elle reçoit, la France parvient à se maintenir à un niveau élevé. Mais si on ne lui donne rien, elle ne peut pas non plus faire des miracles.
  • La recherche française devrait se faire financer plus par les entreprises, et moins par l’état, selon l’idée très largement répandue que les entreprises américaines finance largement la recherche. Il n’en est rien, alors pourquoi devrait-il en être ainsi en France ?

Internet

Je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais d’Hadopi, du Dadvsi, et autres formes de contrôle du dernier espace libre. Et bien le gouvernement qui à réussi à faire repousser l’amendement 138 contre tout principe démocratique (mais il est vrais qu’après le passage en force du traité de Lisbonne, la démocratie n’est qu’un vain mot), va plus loin : il veut imposer le filtrage des sites suspect par les FAI qui auraient l’obligation de bloquer (en plus de surveiller les internautes) sous peine d’écoper d’un nombre probablement imaginatif d’amandes. La mesure doit bien plaire à Frédéric Lefebvre, qui trouve probablement Hadopi trop souple, lui qui a proposé de très innovantes manières de dépister les jeunes délinquants, ce qui s’inscrit dans une même ligne puisque la grande majorité des fichiers partagés sont le fait de jeunes voyous… La Chine semblera bientôt un vrai havre de paix et de liberté si ça continue.

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Voilà, je suis chaque jour plus dégouté par ce pays de débiles qui a élu contre toute évidence le pire candidat qu’il puisse élire. Je dis bien le pire car le front national n’aurait probablement pas réussi à causer autant de dégâts en si peu de temps. Je pense à ces ouvriers qui ont voté Sarko et qui se retrouvent au chômage. Bien fait. Et aux petits patrons étranglés par leurs banques qui ont fait de même. Bien fait. Et à tous ceux qui l’ont élu et s’en mordent les doigts parce qu’ils ont voté sans faire usage de leurs cerveaux, je ne vous remercie pas pour le magnifique cadeau que vous nous avez fait, et je vous adresse tout mon mépris. Nous vivons aujourd’hui dans un pays magnifique.
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1 commentaire:

Mymy a dit…

Sans oublier le bel adage "travaillez plus pour gagner plus" : ainsi, certaines personnes se retrouvent à travailler beaucoup plus pour être payer pareil, et d'autres, qui voudraient travailler, n'ont pas d'autre choix que de travailler moins, car il ne faudrait surtout pas devoir les payer plus.