lundi 13 octobre 2008

« Que dire à ces gens, qui, croyant posséder une clef, n'ont de cesse qu'ils aient disposé votre oeuvre en forme de serrure ? »

Julien Gracq, Lettrines

dimanche 12 octobre 2008

Marre des cons

On ne peut pas faire deux pas sur la toile, ni allumer deux minutes la radio sans entendre parler de la crise financière, alors je vais y aller moi aussi de ma prose. Pas forcément uniquement à propos de la crise, mais à propos de ce qui nous tombe dessus en ce moment.

Je vous propose dans un premier temps l'écoute de l'émission Là bas si j'y suis du mardi 30 septembre 2008, « Bienvenue à bord du Titanic financier ! »

Bienvenue à bord du Titanic financier !
Entretien avec Frédéric Lordon autour de la crise venue d’Amérique qui s’approche à grands pas de l’Europe. Mais, comme le nuage de Tchernobyle, elle contournera bien sûr l’Hexagone ! "Ouvrons bien les yeux, nous entrons en territoire inconnu", nous prévient le professeur Lordon...


Et je vais poursuivre par une réflexion que m'inspire l'actualité. Il me semble pour le moins étrange, voir inquiétant que le gouvernement passe son temps à prendre des mesures compliquées à des problèmes simples, et des « solutions » simplistes à des problèmes complexes. Notre état policier n’envisage plus que des meures répressives liberticides ou proscriptives pour tout.

Prenons l’immigration. C’est loin d’être un problème simple, et pourtant quelle « solution » à été trouvée ? L’expulsion des sans papiers dans des conditions honteuse (le terme est faible), la destruction de logement sociaux remplacé à 1 pour 3 par d’autres logement trop chères. Bref, des « solutions » simples qui n’en sont pas.

Prenons d’autres « problèmes » divers tels que l’euthanasie, le mariage civil homosexuel, ou quantités de problèmes qui n’en sont que dans l’esprit étroit de nos politiques. Solution : proscrire sans réflexion, sans consultation de l’opinion publique, sans même regarder ce qui se fait à l’étranger. La politique actuelle est une insulte à l’intelligence.

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PiratagePrenons le problème du piratage qui comme vous le savez le tiens a cœur. Là on se heurte à l’incompréhension de vieux birbes qui n’entendent rien à Internet, et qui cependant veulent imposer leurs vues sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas le moins du monde. Et en la matière, nos élus ont mainte fois fait montre de leurs inaptitudes, et j’oserai dire, de leur inculture crasse. Mais là ou cela se corse, c’est que nos éminents dirigeants prennent leurs informations chez des spécialistes issus de groupes financiers ayants droits et autres lobbys, qui évidemment ont intérêt à avoir à leur disposition des outils puissants de répression. On connaît les protections par codes, validations, et autres procédés inutiles et qui ne pénalisent jamais que les utilisateurs légaux. On a connu les DRM, qui ont été un fiasco car les utilisateurs légaux sont peu enclins à acheter des produits qu’ils ne peuvent pas utiliser, les illégaux n’étant nullement gênés par ces protections. On a eu le DADVSI, loi inutile, inapplicable et probablement couteuse (sinon dans son application, au moins dans son édification, puisque ces gens sont payés pour légiférer des conneries), et dernièrement, HADOPI et son concept détestable de Riposte Graduée sans jugement. Au bout d’un moment, il est temps, et je me demande pourquoi ça n’a pas été fait, d’être un peu méthodique, et de mettre les choses à plat.
- Fait : un nombre considérable d’internautes téléchargent illégalement des films, musiques, jeux, logiciels et autres.
- Problème : Les ayants droits ne touche (à priori) pas d’argent sur ce piratage.
- Solution : Espionner ces échanges, et sanctionner les contrevenant.
Ce qui me chagrine dans ce raisonnement, c’est que je ne vois pas où le problème est réglé là dedans. En sanctionnant, les ayants droits ne toucheront rien de plus. Par contre, la collectivité va payer le coût de ces mesures. Ne serait-il pas plus intelligent de verser directement cette somme aux ayants droit, plutôt que de chasser des fantômes ? La solution de la License globale, proposée mainte fois est toujours repoussée, et les partisans des répressions ne manque pas d’affirmer hypocritement que l’opposition ne propose rien, etc…

Et pendant que la crise financière - causée par une société de marché dont font partie ces mêmes grands groupes qui crient au vol dès que l’on pirate une piste musicale - fait des ravages le président ne trouve rien de mieux à faire qu’user de sa position pour faire pression sur la commission européenne afin qu’elle rejette un amendement qui lui fait obstacle. Et le pire, c’est le fait même que, faisant marche arrière, la commission envisage ce rejet alors même que l’amendement à été ratifié par le parlement à plus de 80%, ce qui constitue bien plus d’une grande majorité.

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J’imagine qu’il est bien plus important de dépenser des deniers pour réparer les pots cassés des financiers, et casser ceux qui leurs font des torts, mais en définitif, qui coute le plus chère à la communauté, le pirate qui télécharge quelques pistes, films, etc., ou le financier qui spéculant n’importe comment contribue à une bulle financière qui vient de montrer sa fragilité. Lequel des deux est le plus nuisible ? Nicolas Sarkozy fustige Internet qui serait une zone de non droit, mais le monde de la finance n’est il pas la plus grosse et la plus dangereuses zone de non droit ?

Dès qu’on parle de finance, on sort les mots de 10 pieds, les termes techniques et les tas de chiffres, alors que les mécanismes dans leurs principes sont simple, et la solution est fonction de la volonté politique du pays à empêcher des gens autrement plus dangereux que l’internaute lambda de mettre tout le monde sur la paille.

Pourtant, le président à fait son choix, et la position de la droite libérale n’a jamais été aussi claire, à tel point que j’en viens aujourd’hui à considérer n’importe quel autre personnage de notre paysage politique avec plus de sympathie que notre actuel président. Même Le Pen n’aurait pas fait autant de conneries, et lui au moins ne se foutrait pas aussi ouvertement de la gueule des français. Là où il aurait fallu responsabiliser les spéculateurs fous, Nicolas Sarkozy à honteusement baissés les impôts sur les actions (tout en fustigeant ces dangereux abus, mais les paroles s’envolent…). Là ou il faudrait légiférer sur le transfert de liquidités fantômes explosives, on a laissé faire au nom de la libre entreprise, et de la libéralisation « décomplexée », terme tellement à la mode avant les élections. Et bien en attendant, comme le disait un AMG, « la seule action en hausse, c’est le foutage de gueule. »
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« Il y a deux loups qui se battent dans le coeur des hommes, l'un s'appelle l'amour, l'autre, la haine. »

Feu des étoiles, Pathfinder

samedi 11 octobre 2008

Films de monstres

Je suis comme vous le savez peut-être amateur de films fantastiques en tous genres, et donc, de temps à autres, je jette mon dévolu sur un film de monstres, qui comme son nom l’indique fait appel à l’une des peurs primitives de l’homme qui est la peur du prédateur. Je vais donc vous parler aujourd’hui de mes impressions à propos de trois représentants de ce noble genre, Cloverfield, Le peuple des ténèbres, et The Mist.

Cloverfield



CloverfieldDifficile de parler de Cloverfield sans évoquer la campagne publicitaire un peu particulière dont le Film a fait l’objet. Rien que le titre, « Cloverfield » n’a fait son apparition qu’après la sortie, le film étant simplement nommé « 01-18-08 ». Le nom officiel, Greyshot a finalement été délaissé pour celui adopté à l’unanimité. Ensuite, l’apparition du monstre en lui même, tant dans les bandes annonces que, finalement dans le film sont rares, ce qui ajoute à l’aura mystérieuse de la production. Enfin, le style même de tournage, caméra au point d’un bout à l’autre, donne une ambiance très particulière.
New York - Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La "party" bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée. L'attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu'un champ de ruines...
Allociné

Le Film est construit comme une sorte de récit doublement enchâssé : l’action de Cloverfield se trouve dans une cassette vidéo enregistrée sur un autre enregistrement antérieur au drame, et qui apparaît au début et à la fin de la bande, tandis que le tout est présenté comme étant un document classé confidentiel. Du fait de cette construction un peu particulière, l’enchainement des scènes est assez chaotique, puisque nous sont dévoilés uniquement les passages filmés par un caméraman amateur. Pourtant il n’y a pas du tout l’impression de désordre qu’on trouve trop souvent ces derniers temps dans les grosses productions, ce qui fait que l’immersion est très réussie, on entre parfaitement dans l’histoire (même si pas mal de fils sont un peu gros.)

Comme je l’ai déjà signalé, l’apparition du monstre de Cloverfield est assez rare, et par ailleurs, on ne le voit que rarement dans son intégralité (guère plus d’une fois, et de loin) ce qui laisse planer pas mal de doute quand à l’anatomie exacte du bestiau. Anatomie assez peu réjouissante d’ailleurs, car le monstre est assez laid, mais de cette laideur repoussante blafarde et hideuse.

En définitif, un film sympathique, certes, mais pas non plus un grand chef d’œuvre digne du bruit qu’il a fait.

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Le peuple des ténèbres



Le Peuple Des TénebresCette fois ci, on plonge dans l’obscurité, et le film exploite une autre grande peur, la peur de ce qui se cache dans l’ombre.
Julia, une étudiante en psychologie, est contactée par un ancien camarade de classe qui lui confie être traqué par une chose étrange. Aussitôt après lui avoir fait cette déclaration, il se suicide sous ses yeux.
Quelque temps plus tard, Julia constate que les peurs de son enfance ont refait surface. Une seule solution s'impose à elle : rester éveillée à tout prix pour survivre et faire face aux créatures de ses propres cauchemars.
Allociné
Des terreurs nocturnes à l’apparition du peuple des ténèbres, de l’autre coté des ombres, ce film joue sur à la fois sur la peur du noir, sur la peur de la folie, et sur celle de créatures cauchemardesques issue de l’ombre, et dont on doute de l’existence d’un bout à l’autre du film. Simples hallucinations ? Début de folie ? Cauchemars et terreurs nocturnes ? Les scènes malsaines s’enchainent et vous font vite regretter d’avoir éteint toutes les lumières avant d’avoir lancé la vidéo.

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The Mist



The MistJe terminerai avec The Mist, adaptation d’un livre de Stephen King, qui est autant un film de monstre qu’un film de paniques humaines.
Tandis qu'une brume étrange semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché, en compagnie d'autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à s'apercevoir que le brouillard est peuplé d'inquiétantes créatures...
Leur seule chance à tous de s'en sortir consiste à s'unir. Mais est-ce possible quand on connaît la nature humaine ? Alors que certains cèdent à la panique, David se demande ce qui est le plus effrayant : les monstres qui rôdent dans la brume ou ses semblables réfugiés dans le supermarché ?

Allociné
Le film se met en place lentement, et je dois dire que le début ne m’a pas convaincu, alors que rétrospectivement il n’y a rien à y redire. Mais très vite, avec l’arrivée de cette brume opaque qui ne permet pas de voir à beaucoup plus d’un mètre au delà des vitres de la superette, l’ambiance s’impose à vous. De refuge, le supermarché se mue peu à peu en prison, la foule apeurée devient de plus en plus irrationnelle, faisant ressurgir les plus basses pulsions humaines.

Du début très commun, quotidien et plat, le film progresse étape par étape, inexorablement jusqu'à un final terrifiant en banal à la fois, laissant les protagonistes dans l’ignorance de ce qui est en train de se produire dehors. La progression est judicieuse, il n’y a pas de longueurs, et le comportement de plus en plus irrationnel d'une foule apeurée est bien mise en scène. En définitif, un bon film, plus inquiétant que terrifiant, plus sociologique qu’horrorifique, laissant malheureusement pas beaucoup de doutes sur la nature humaine. On pourrait lui reprocher un déroulement trop prévisible, ou quelques scènes peu originales, mais comme on passe un bon moment, on oublie ces quelques détails.

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Voilà, si vous n’avez rien à regarder, et que les films de monstres ne vous rebutent pas, ces films vous tendent les bras, et ne devraient en principe pas trop vous décevoir.
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vendredi 10 octobre 2008

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas .»

Parole Amérindiènne