dimanche 11 mai 2008

Faire bonne chère

Signification : Bien manger.

Origine. Le mot "chère" est issu de l'ancien français "chiere" . Ce dernier est lui-même tiré du bas latin "cara", ou plus loin encore du grec "kara", qui signifiait "visage". Par la suite, ce mot prit le sens d'"air". L'expression voulait donc dire "avoir l'air aimable, être accueillant". Le sens actuel de "bien manger" n'est apparu qu'au XVIIe siècle, sans doute à cause de l'homonyme "chair", qui représentait la viande.


1. locution archaïque ou littéraire. « Faire bonne chère à qqn, » lui faire bon visage, bon accueil. « Il ne sait quelle chère lui faire » : il ne sait comment le recevoir. (Académie)
« (…) elle s'en va à la cour, et cet hiver elle sera si aise, qu'elle fera bonne chère à tout le monde. »
Mme de Sévigné, Lettres, date incertaine


«
C'était le fils des domestiques qui assumait précédemment les fonctions de chauffeur-cocher-factotum, et Tiffauges ne devait ce changement dans sa vie qu'à l'ordre de mobilisation qui venait d'envoyer le jeune homme sur le front russe. Les parents lui firent d'abord mauvaise chère, mais leur hostilité se fatigua vite (…) »
M. Tournier, le Roi des Aulnes, p. 209


2. Moderne. « Faire bonne chère » : faire un bon repas. Faire bombance, ripaille.
« Voilà commencement de chère et de festin;
Mettons-le en notre gibecière. »
La Fontaine, Fables, v, 3.


« Je leur cède (aux grands) leur bonne chère (…) mais je leur envie le bonheur d'avoir à leur service des gens qui les égalent. »

La Bruyère, les Caractères, ix, 3.


« (…) c'était un ecclésiastique, qui ne songeait qu'à bien vivre, c'est-à-dire qu'à faire bonne chère; et sa prébende, qui n'était pas mauvaise, lui en fournissait les moyens. »

A. R. Lesage, Gil Blas, I, i, p. 3.


« Le repas était gai : animés par le vin et la bonne chère (…) les comédiens se livraient aux plus folles espérances. »

Th. Gautier, le Capitaine Fracasse, xi.


« Bonne personne d'intérieur (…) experte sur la chère, et l'aimant fine, serrée pour la maison, gaspilleuse pour soi (…) »

Montherlant, Pitié pour les femmes, p. 22.


Proverbe. « Il n'est chère que de vilain » : lorsqu'un avare se décide à donner un repas, il traite ses invités avec un faste excessif.


Sources :
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